Mardi, novembre 17th, 2009

Goupil Acnéique & Abraham Kadabra

Goupil Acnéique & Abraham Kadabra
Mon plus jeune frère me faisait part récemment de ses scrupules à coucher avec une jeune fille vierge, dans la mesure où, je le cite, il n’était pas convaincu d’être à « la hauteur des sentiments éprouvés par cette dernière ».
Et là, je ne sais pas si c’est la faute de Sarkozy, de la mondialisation, des OGM, du conflit israëlo-palestinien ou de l’effet de serre, mais je crois que cette génération est perdue…
Je m’évertue pendant 20 ans à lui inculquer avec conviction les valeurs familiales, sur lesquelles je reviendrai un peu plus loin, et tout ce que jeune abruti qui fait 3 tailles de plus que moi trouve à me dire c’est, je le cite à nouveau, mais en déformant un peu parce que ça m’énerve :
« gnagnagna j’ai pas couché avec…gnagna elle est vierge…gnagna princesse…gnagna amour…gnagnagna t’as pas 50 euros… »
Il me souvient comme si c’était hier du jour où il est venu me voir pour me demander, avec sa voix de fausset ridicule, si caractéristique des adolescents qui traitent nos mères de pute, « comment bien faire l’amour à la femme qu’on aime » ?
J’aurais déjà du me douter qu’il y avait baleine sous caillou.
Pour conjurer le sort, j’avais alors forcé un peu le trait.
« Mon jeune frère, pour bien faire l’amour à une femme qu’on aime, il convient de respecter ces quelques consignes :
1- Tu lui mets un coup de poing dans le plexus solaire
2- Elle se courbe, tu sors ta bite
3- Balayette, elle se retrouve allongée
4- Tu lui verses une bouteille d’huile (d’olive ou d’arachide, ce que t’as sous la main) sur les jambes
5- Tu la pénètres comme tu peux
6- Une fois l’affaire terminée, tu lui pisses dessus pour marquer ta satisfaction. »
C’est autrement plus pédagogique que l’abeille et la petite graine.
Nous bien sûr,ça nous fait marrer avec nos trente ans et toutes les gonzesses qu’on a pu niquer.
Hein les filles ?
Je ne me souviens pas m’être une seule fois posé la question de savoir si ma partenaire était vierge.
Je me faisais déja assez chier à la rendre consentante.
Car dans la vie, comme me disait mon père, il n’y a pas 50 façons de faire avec les femmes.
Soit elles veulent, soit elles veulent pas.
Mais attention, parce que parfois, elles font croire qu’elles veulent mais en fait elles veulent pas.
D’autres, en revanche, te font croire qu’elles veulent pas, alors que si, en fait, elles veulent, mais pas comme ça, pas si vite, pas maintenant, pas comme ça, tout ça va trop vite.
C’était une autre époque. On en a bavé.
Nos idéaux féminins, c’était Zora la rousse, la meuf de San kukai, et Ariane du club Dorothée…
Ca a complètement bousillé la libido de pas mal d’entre nous ces conneries, notamment celle de mon pote Greg.
Qui ne se souvient pas avec nostalgie de ces jeunes femmes qui nous faisaient poireauter des mois avant de nous accorder leurs faveurs ?
La première semaine on pouvait mettre la langue.
La deuxième semaine on touchait les seins.
La troisième semaine on touchait vraiment les seins (sans le soutif).
A la fin du premier mois, on pouvait enfin se risquer à mettre la main dans leur culotte (le string n’était pas encore à la mode), mais ça les chatouillait.
A la fin du deuxième mois, on pouvait mettre la main dans leur culotte sans qu’elles gloussent.
Bref…on finissait péniblement par négocier un rapport sexuel.
En y repensant, on prenait des risques insensés, en tombant parfois amoureux de femmes dont on ne savait même pas si elles avaient de jolies fesses, et encore moins si elles avalaient.(1)
Avec ces conneries de passer des lustres avant de passer à l’acte, je suis resté 8 ans avec une femme que je n’ai jamais pu enculer.
La première fois doit être une catastrophe. C’est comme ça. Depuis que le monde est monde.
Car si tel n’était pas le cas, les femmes passeraient leur vie avec leur premier amour, et réapparaitraient sur le marché à 60 ans passés.
Qui à envie d’un monde comme ça ?
Dans la vraie vie, le premier rapport sexuel d’une femme est douloureux et pathétique, et c’est tant mieux.
Elle se tourne alors vers les hommes d’expérience que nous sommes, qui consciencieusement mettent un point d’honneur à les faire Femme.(*)
Mais pour en revenir à notre mouton, mon plus jeune frère ne se rend pas compte de la chance qu’il a : de nos jours, les filles vierges couchent le premier soir.
Et là je ne sais pas qui il doit remercier : Sarkozy, la mondialisation, les OGM, le confilt israëlo-palestinien, ou l’effet de serre.
(1)
(*) Astérisque entre parenthése
(*) et Obélix
Le viol reste la façon la plus efficace d’arriver à ses fins avec une femme.
Malheureusement c’est interdit.
Ce qui peut d’ailleurs légitimement être perçu comme rageant par nombre de mes semblables, dans la mesure où rapportée à une échelle géologique (qui a quand même plus de gueule qu’une échelle de pompier), l’interdiction du viol est relativement récente.(Voir figure 1)
Mais qu’on ne s’y trompe pas, mon propos n’est bien évidemment pas de faire l’apologie de cette technique énergique de séduction, qu’il ne faut selon moi envisager qu’en cas d’extrême nécessité.
Un peu comme le karaté.
Certains spécialistes s’accordent d’ailleurs à attribuer l’origine du viol aux chinois ou aux asiatiques, théorie corroborée notamment par le degré inouï de vice et de perversion atteint par ces civilisations, dont témoignent les nombreux films de guerre américains.
Le viol doit donc être la dernière solution envisagée dans le cadre de la phase de séduction de la personne convoitée, et peut par cet aspect s’apparenter aux sommations qu’on utilise dans certains métiers avec de beaux costumes.
Première sommation :
Invitation au restaurant + fleurs + raccompagnage à domicile
En l’absence de capitulation, on passera donc à la deuxième somation :
Invitation dans un restaurant plus cher + bouquet de fleurs plus gros + raccompagnage à domicile en voiture
Si vous essuyez encore un échec, il faudra donc procéder au viol à proprement parler.
(Il existe plusieurs techniques que je détaillerai dans un prochain article, car ce n’est pas le propos).
NB
Il est indispensable de demander son autorisation à une femme avant de la violer. En effet, si cette dernière accepte, cela ne constitue plus un viol, et vous aurez perdu tout ce temps pour rien.
Compte tenu des conséquences judiciaires encourues, vous porterez bien évidemment une attention toute particulière à la sélection de votre partenaire.
Les débutants commettent en effet souvent l’erreur de considérer que le jugement prononcé lors du procès sera plus clément si ils abusent sexuellement d’une femme grosse et/ou laide.
Diantre non ! Il est crucial de bien garder à l’esprit que la peine infligée n’est pas plus lourde si la femme est jolie. Dans les faits, on assiste encore trop souvent à des incarcérations d’hommes ayant violé des femmes grosses et/ou laides. Et c’est d’autant plus affligeant que tout le monde sait que pour arriver à ses fins avec une femme grosse et/ou laide, il suffit simplement d’être poli.
Pour terminer, je voudrais en profiter pour tordre le coup à une croyance répandu : toutes les femmes enveloppées ne sont pas moches. A fortiori si l’on considère que la beauté de l’âme peut pallier certaines…
Ahah, ça va, je déconne.
Finalement, je crois que je vais m’accorder un délai de réflexion supplémentaire pour mettre en route ma descendance.
Cela peut sembler paradoxal dans la mesure où j’ai été rassuré sur ma fertilité très tôt, sous une table.
Et bien que cet enfant ne soit jamais arrivé à son terme, je pense avoir été un bon père.
Sans même savoir son sexe, j’étais prêt à arrêter mes brillantes études en première année de géographie.
Je l’aurais aimé ce môme. Je lui aurais appris tout ce que je savais : l’intro de « stairway to heaven » et la série des blagues sur les deux putes dans l’ascenseur.
On aurait formé un sacré duo. Il n’y en a pas tant que ça des duos père et fils célèbres. Par exemple, là je cherche, et j’en trouve pas.
Mais la vie en a décidé autrement.
J’ai exposé mes arguments. On en a discuté longuement pendant 15 secondes avec sa mère, et d’un commun accord avec elle-même, on a avorté.
Perdre un enfant, tout le monde vous le dira, c’est la chose la plus terrible qui puisse arriver à des parents. Avec la stérilité aussi.
On ne se rend pas compte à quel point la stérilité peut détruire une famille.
Depuis ce jour, mon désir de reproduction ne cesse de décroître. Sans doute au même rythme que ma fertilité.
J’ai vu un reportage très sérieux qui expliquait, vidéos à l’appui, que non seulement le sperme contenait moins de spermatozoïdes, mais qu’en plus ces derniers étaient beaucoup moins toniques.
Par contre je ne sais plus si c’était lié à l’âge, à la pollution, à la cigarette, à l’alimentation ou au mode de vie.
Dans tous les cas, mes potes et moi, on est bien niqué. Surtout Thierry.
En outre, et cela n’a rien à voir avec les quelques jours passés en compagnie de ma délicieuse petite nièce, je crois que je préférerais un enfant qui sache verbaliser clairement ses frustrations au lieu de chialer comme une truie qu’on égorge avec un couteau à beurre.
Car ça a beau être trop mignon, un enfant, c’est quand même terriblement bruyant. A tel point que j’échangerais volontiers, si l’opportunité m’était donnée, un bébé beau et bruyant contre un enfant moche et calme. Voire déjà vieux.
L’enfant idéal c’est l’enfant déjà vieux qu’on adopte.
Finis les tracas légitimes de tout parent qui se respecte au sujet de son avenir, de ses fréquentations, de sa sexualité, de ses résultats scolaires…
Si la législation offrait aux parents la possibilité d’adopter un adulte, les problèmes de natalité seraient résolus dans de nombreux pays.
Nombreux sont ceux qui hésitent à concevoir, et j’en suis, de peur de perdre leurs amis ou d’avoir à assister à l’accouchement.
Nombreuses sont celles qui n’osent franchir le pas de peur de rester définitivement physiquement marquées par l’enfantement : les vergetures, la peau d’orange, la culotte de cheval, la sécheresse vaginale. Et j’en passe. En adoptant un adulte, dont les parents sont morts, bien évidemment, vous vous prémunirez de ce genre de désagréments.
Tout particulièrement si votre choix se porte sur une personne ayant une bonne situation et une autonomie sans équivoque.
Je vous aime tellement.
Comme vous n’êtes pas sans être censés ne pas le savoir, j’exerce un métier formidable. Un métier très dangereux, qui m’a permis de sauver de nombreuses vies mais également de constituer le tissu social dont je suis ceint. Car j’ai cette chance que peu ont finalement : je sais pourquoi je suis aimé. Personne ne rentre dans le bios comme moi. Je peux installer XP sans souris. Je peux installer le SP3 d’XP sans souris. Comme vous n’êtes pas sans être censés ne pas le savoir, j’exerce un métier formidable. Du coup, je suis la première personne à laquelle les gens pensent lorsqu’ils rencontrent un problème avec leur Personnal Computer. Et ce n’est pas peu flatteur, vous en conviendrez. Je pourrais passer des journées entièrement nu à résoudre leurs problèmes de compatibilité matérielle. Pour rien. Parce que j’aime ça. Physiquement. Ce sont par ailleurs mes compétences informatiques qui m’ont permis de m’accoupler sans forcer avec les plus belles femmes. – J’ai couché super facilement avec N. et S. en mettant leurs ordinateurs en réseau. – J’ai eu une relation bucco-anale avec T. dans l’heure qui a suivi la réinstallation de son Windows 98. – F.M m’a touché ostensiblement la bite alors que je reconfigurais sa carte son externe. – La mère de T.J me désire violemment avec sa bouche depuis que j’ai participé à la réalisation du site web de son fiston. Certes, ce n’est pas une belle femme, mais elle est très gentille. – D. est restée dormir, car j’avais finalement réussi à faire en sorte que le PC familial finisse par booter. – S. me faisait la totale quand je lui récupérais ses documents effacés par erreur. – R. par contre peut toujours courir pour que je lui installe son scanner… Edifiant, n’est ce pas ? Mais cette activité m’a également permis de trouver la meilleure femme de ma vie. Et je le prouve en vous rapportant, mot pour mot, les propos que nous échangeâmes la veille de notre premier rapport sexuel. Elle : « Pff, j’en ai marre, il m’est impossible de jouir pleinement de mon blog. Des personnes mal intentionnées polluent mes commentaires. Je crois que je vais arrêter … » Lui (mais en fait c’est moi) : « Mais non MFDMV ! Tu ne peux pas faire ça ! Car je t’aime…hihihi » Elle : « Vraiment ? » Lui (c’est toujours moi) : « Vraiment. Tu es pour moi comme le ventilateur qui fait chanter les cartes son et emporte au loin le parfum des bios…Pour toi, je décrocherai la lune. J’ai envie de tout te prendre et de tout te donner. » Elle : « Vraiment ? » Lui (mais moi) : « Vraiment. Que ne me laisses-tu procéder à la reprogrammation complète de ton site en php8/mysql7 et y ajouter un développement personnel en DotNet/Python te permettant de valider manuellement les commentaires déposés sur ton site avant leur publication ? » Elle : « Mon héros… » Lui : « Qu’est ce qui nous arrive… » Elle : « Je sens un truc chaud contre ma paume… » Lui : « Chuuut… »
Quand il a raccroché après notre discussion, je n’ai pas cessé de jurer.
« Mais quel con ! », que je disais.
Sous la douche, je jurais. En m’habillant, je continuais de jurer. Et, entre nous, même si jurer en s’habillant n’est pas un exercice à proprement parlé compliqué, ça fait quand même perdre du temps.
Et le temps c’est de l’argent. Et l’argent c’est le pouvoir. Et le pouvoir, c’est la domination. Et la domination c’est cool.
J’ai beau avoir presque 30 ans, c’est pas anecdotique de mettre 500 kilomètres entre nous. Et le fait qu’il ne faille qu’une demie journée pour les parcourir n’est pas un argument recevable. New-York, c’est c’était à deux heures en concorde.
Même si ce n’est pas arrivé souvent, c’était bon de se dire qu’on mangerait ensemble le midi. Qu’on se verrait à la foire de paris. Qu’on irait aux putes le soir.
Une page se tourne.
T’as beau vouloir minimiser l’évènement, ne pas estimer utile de tous se rassembler avant votre départ, les faits sont là : j’éprouve le sentiment puéril d’être abandonné. Sans qu’on me demande mon avis. On devrait systématiquement demander leurs avis aux gens avant de les abandonner.
« Tu veux bien que je t’abandonne ? »
« Ah bah non, là ça tombe mal, j’ai pas trop la pêche tout ça »
« Bon, bon, ok. N’en parlons plus »
J’ai toujours cette impression que dans les choix que tu peux faire, ce que je peux ressentir n’a finalement pas tant d’importance que ça. Comme si l’amour qui nous unissait était une chose acquise, inébranlable et inaltérable. Je voudrais pas sombrer dans le mélodrameà deux balles, mais y’a pas mal de meurtres qui sont commis au nom de l’amour. L’invasion de l’Irak par les USA, pour ne citer qu’un exemple.
L’amour ça n’engendre pas que du beau, tu sais.
Attention, je suis pas en train de dire que je vais te buter parce que tu déménages à 500 bornes hein. Juste que t’as un peu trop tendance à simplifier nos rapports.
Je suis désolé on s’aime pas pareil que l’on habite à 50 ou à 500 kilomètres . Des études américaines très sérieuses le prouvent.
Moi qui suis amené à changer d’appartement avant la fin du mois, je ne le fais pas pour des motifs egoïstes, notamment parce que je veux une putain de baignoire pour pouvoir faire du sous-l’eau.
Du tout.
Je déménage pour me rapprocher du domicile de ma douce et tendre, et de fait, pour l’aimer encore plus.
Car plus on se rapproche de l’être aimé et, plus on l’aime. C’est mathématique. Et quand les deux sont vraiment très, très près, ça peut faire des bébés. C’est mécanique.
Bon, en ce qui nous concerne, il n’est pas nécessaire d’arriver à autant de proximité. Mais bon 500 kilomètres, merde quoi.
Et je sais , ca ne se fait pas de traiter son père de con
Je ne ressemble pas du tout à mon père.
Au départ, je me disais que c’était normal. Après tout, vingt cinq années nous séparaient et le temps allait se charger de corriger cette anomalie.
Et puis un jour, j’ai eu l’âge de sa première photo. Il devait avoir quinze ans.
C’était un beau jeune homme en noir et blanc, souriant et charmant…
Je n’ai pourtant pas perdu espoir.
Sur la photo suivante, qui trainait dans un vieil album, il avait vingt cinq ans. Il tenait un enfant dans ses bras (comme il était un peu gras, on va dire que c’était ma soeur). Et bah toujours pas. Le jour où j’ai eu vingt cinq ans, je ressemblais à tout, sauf à mon père.
Je me suis senti volé, dépossédé. Que ne ressemblais-je à ce beau jeune homme ? (enfin à l’époque, car le temps a fait son ouvrage depuis).
Je sais pas moi, au moins la barbe. Je rêve d’avoir de la barbe. Je me rase juste pour ne pas avoir l’air ridicule. C’est con quand même.
La seule chose dont j’ai hérité de mon père, c’est sa passion de la moto. La belle affaire.
Par contre, ma mère ça je lui ressemble. Pas de problème. Le nez, les yeux, tout colle. Un peu plus et j’héritais de sa taille (et je faisais jockey chez Danone).
Je suis moche comme ma mère et con comme mon père.
L’hérédité, c’est de la merde.
Je crois avoir trouvé la solution pour sauver le jeune.
L’idée m’est venue en faisant le repassage. Je repensais à la conversation que j’avais eue quelques instants auparavant avec mon père au téléphone.
La nuit dernière, on a essayé de le brûler vif, avec ma belle-mère. Pourtant Dieu sait que s’il y a quelqu’un sur cette terre qui se fout des rosbeefs, c’est bien mon père. Il ne sait même pas dire « bonjour » en anglais.
Quoi qu’il en soit, ses jours ont été attentés, et ça m’a plongé dans une profonde réflexion socio-méditative.
Tout le monde conviendra du fait que les jeunes sont perdus : plus de repères, plus de remères, ils n’écoutent plus en classe, crachent par terre et font des pétitions pour virer mes amis professeurs.
Avec mon copain Hervé, on a songé dans un premier temps à réhabiliter les mines de charbon du nord de la France. Les jeunes iraient y extraire le coke durant l’été et pourraient se chauffer l’hiver avec leur récolte. C’est malin.
Oui mais il reste le problème de la scolarisation le reste de l’année. Nul ne me contredira si j’affirme que les programmes ne sont plus adaptés à notre époque. Le jeune s’emmerde à l’école, et c’est légitime. Qu’est ce qu’il en a foutre que Jeanne D’arc ait été pendue vive en 1515 à Poitiers ? Même moi je m’en fous.
Je propose donc une réforme complète des programmes.
Les cours élémentaires ne changent pas. Par contre, une structure sera mise en place à partir du CM2 pour déterminer avec le jeune ses aspirations. Les modifications les plus radicales concerneraient donc le collège.
On pourrait y suivre des cours de revente de stupéfiants, de vol de scooter, de racket, de tournantes, etc…
Un exemple ?
La tournante
Accessoires : une fille, un parking, un secret girl, des amis et un jerrican de super sans plomb (95 ou 98)
Pour une tournante il convient de repérer une jeune fille assez naïve et pubère. L’inciter fermement à vous suivre, vous et vos amis dans le parking pour faire un « secret girl ». Il n’y a pas une fille pour résister à une partie de secret girl.
Entamer la partie avec conviction, en riant de bon coeur, et profitez de l’instant pendant lequel elle se rendra aux toilettes (les filles vont tout le temps aux toilettes) pour lui faire une clef de bras et la violer avec vos amis. Versez l’essence. Laissez brûler 10 minutes.
Régalez-vous !
J’en vois déjà qui vont me dire qu’on ne peut pas rire de tout, que je ne me rends pas compte du traumatisme que ça engendre de mourir pour quelqu’un, et que je ne sais pas de quoi je parle.
Et bah c’est faux, j’ai déjà joué à secret girl.
Un soir j’ai revu Joanna.
Nous nous étions rencontrés quelques années auparavant en sortant d’un ascenseur, dans un bâtiment sordide de Jussieu. Elle était vraiment très belle dans ses habits. Sans ses habits aussi probablement.
Nous assistions à un cours passionnant sur la géologie, délivré par un professeur surréaliste, littéralement enthousiasmé par des cailloux plutôt moches dans l’ensemble.
A la sortie du cours, elle était venue me dire qu’elle arrivait, dans ma vie, avec ses jolis yeux couleur curaçao gazeux, et qu’elle nous trouvait plutôt sympathiques, moi et mon jean troué.
Le seul problème, c’est qu’à l’époque j’avais des engagements sentimentaux avec une princesse. Et c’est pas facile de quitter une princesse.
Deux années se sont alors écoulées, à la fois frustrantes et enchanteuses. J’aimais sa fraîcheur, l’image qu’elle me renvoyait. Ses mains aussi. Elle avait des mains merveilleuses. D’ailleurs, depuis cette époque je suis beaucoup plus sensible aux charmes digitaux qu’aux courbes sensuelles de mes collaboratrices.
Pendant un cours de géomorphologie,je l’ai même prise, sa main. C’était délicieux. On s’appliquait à faire comme si de rien n’était. Nos paumes moites sont restées collées pendant des heures (ils étaient super longs ces cours de géomorphologie, mais du coup je suis incollable sur la tectonique des plaques et l’effet de Foehn).
Et quand nos doigts se sont séparés, parce qu’il le fallait bien, nous nous sommes regardés longuement…Du genre on règlera ça un jour.
Et un soir j’ai revu Joanna.
C’était devenu une femme. Moi j’étais toujours un gamin, mais habillé en homme. Nous avions dîné dans un grand restaurant parisien, avec tout un bordel de bougies et de mobiliers en osier. Dans la file d’attente, pour t’identifier, on t’affublait d’un sobriquet illustre. On avait hérité de « Berlioz ». Notre tour venu, le serveur avait eu cette remarque :
« Monsieur a l’air très amoureux…madame beaucoup moins ».
Les serveurs sont comme les éléphants, ils doivent avoir un sixième sens.
Difficile de rapporter ici les propos échangés pendant le repas, j’étais plongé dans ses yeux gazeux, y cherchant ce qui nous avait uni. Je l’ai raccompagnée chez elle, stoppé la voiture au pas de sa porte, et nous nous sommes embrassés pendant des heures, avec le ralenti du moteur en musique de fond. Quand nos bouches se sont séparées, parce qu’il le fallait bien, elle m’a regardé longuement, et elle m’a sorti une phrase définitive, du genre « j’ai mes règles ».
Puis elle a disparu.
Je suis rentré, j’ai quitté ma princesse, j’ai vendu mon château, et j’ai acheté un cheval.
Et je vécus seul et malheureux avec pas beaucoup d’enfants.
On est bien peu de choses.
Surtout quand on pèse mon poids (que je ne communiquerai pas, parce que ca ne se fait pas de demander son poids à un jeune homme).
Je suis un faux-maigre comme disait ma grand-mère. Ce qui signifie, grosso modo, que je ne suis pas atteint par le syndrome du kwashiorkor. C’est rassurant.
J’imagine que vous vous foutez éperdument de mes réflexions anatomiques, et pourtant. Pourtant je l’affirme haut et fort, c’est plus dur d’être un faux maigre que d’être un vrai gros.
Les femmes aiment les hommes épais et lipideux. C’est comme ça. La bonhomie rassure.
Néanmoins, je reste convaincu qu’un processus inconscient, logé dans leur cortex primitif, doit les amener à considerer que dans une situation critique, comme un accident d’avion dans les Andes, la charge pondérale de leur compagnon conditionnera leur survie.
J’ai bien étudié cet aspect. Si je meurs dans des conditions aéronautiques, je pense pouvoir faire l’objet d’un repas pour trois personnes, en suçant bien la moelle.
Par contre, mon pote Thierry lui, il rassure la gente féminine (même si les mères craignent néanmoins pour leur progéniture, ce qui est légitime quand on sait ce que je sais). Et pour le coup, on peut bouffer à cinq pendant 15 jours. Au moins. Les compagnies aériennes se l’arrachent.
Et c’est sans doute pour exorciser ce physique de rave que mon ton est léger.
Ah ca non, c’est pas facile de peser ce que je pèse. Je me souviens d’une peggy en 5eme (on l’appelait peggy la pute entre nous, parce qu’elle L’avait déjà fait). Elle m’avait dit : » t’es trop mignon, mais t’es trop menu pour qu’on couche ensemble ». La pute. Je ne savais même pas ce que ça voulait dire menu.
Mais je me dois d’être parfaitement honnête, peser ce que je pèse présente certains avantages. Bon pas dans les jeux télé où on gagne son poids en machin (quel principe débile). Par contre, dans tous les contextes de la vie quotidienne ou l’aerodynamisme fait la différence, je tire mon épingle du jeu. Et des situations comme celles-ci, y’en a plein. Des tonnes.
« Il ne faut pas chercher loin pour trouver l’amour. »
Ce dicton ridicule a longtemps guidé ma vie sentimentale, et j’ai par conséquent accordé bien plus d’importance à la proximité géographique qu’au tour de poitrine de mes petites amies potentielles. Pour faire plus simple, on va dire que j’ai bien souvent fini par emménager avec mes voisines.
Tous les matins ouvrés de la semaine, nous nous croisions. Elle, sagement assise, attendant le bus, le regard absent, indifférente à mon corps d’athlète anémique.
Un jour je lui ai dit :
« C’est marrant, je crois qu’on est voisins ! »
Et elle m’a répondu :
« Ah ouais ? Dis donc, t’es pas très épais… »
On peut m’en dire des choses avant que je me vexe. Des trucs sur ma mère, tout ça. Je m’en fous, j’assume complètement son statut de prostituée. En revanche, si y’a bien un truc que je ne supporte pas, c’est qu’on insinue que je suis maigre. Même si c’est vrai.
Et pourtant, là j’ai souri. J’ai bredouillé quelque chose du genre :
« Bin euh, c’est pas vraiment ma faute… la morphologie… la guerre… les privations. »
Elle avait souri.
Elle avait souri, et j’étais tombé amoureux. J’avais même pas respecté le protocole : regarder ses fesses, ses mains, ses seins, ses revenus.
Un matin de septembre elle m’a annoncé qu’elle avait rencontré quelqu’un. Je crois que je l’ai embrassée avant même que sa phrase ne soit terminée. Et puis quoi encore ? j’allais pas me laisser damer le pion par un amour de vacances. Très rapidement, j’ai dû lui faire signer un contrat oral (avec la langue), l’engageant à me tester pendant un mois.
Des fleurs, des poèmes, des cinémas, des buttes montmartre, des cafés sur des terrasses au lever du jour, des poèmes, des promenons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas, des fleurs, des sérénades….
Le mois a fini par s’écouler.
« Ecoute… » me dit elle. « T’es un jeune homme sympathique, drôle, fortuné, avec sans doute un sexe énorme (ça elle ne l’a pas dit, mais ça me fait tellement de bien de l’écrire) mais bon voila… Physiquement..enfin, tu vois quoi ? » qu’elle me dit.
« T’es sûre ? (Parce que je vais me tuer hein) »
« Oui je suis sûre. (va te tuer) »
J’ai écouté « Flip-flap » des Forbans en boucle pendant une semaine. La vie n’avait plus aucun sens. La chanson non plus d’ailleurs.
Et puis le téléphone a enfin fini par sonner. J’ai bien attendu avant de décrocher, c’est ma tactique pour faire croire aux personnes qui m’importent qu’elles sont insignifiantes. J’avais lu ça dans un « Jeune et jolie » de ma soeur. C’est super efficace.
Du coup, on a vécu 8 ans ensemble.
Des poèmes, des fleurs, des sérénades, des « je t’aime », des « moi aussi », des rires, des sourires, des assiettes sales, des chaussettes aussi, des larmes, des « non pas ce soir », des « bon tant pis »…
Et puis un matin de septembre, je suis parti. J’avais des trucs à faire.
C’était à l’époque de ma première mobylette. Une peugeot 103 MVL. C’est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça voulait dire : « je vais enfin tirer mon coup ».
Car dans la banlieue de mon adolescence, les critères à remplir pour pouvoir toucher les protubérances pré-mammaires de mes congénères étaient nombreux :
1 Ne pas avoir des chaussures de merde.
Eh oui. Ca semble être une évidence à notre époque, mais je vous parle d’un temps où Auchan s’était fait fort de faire des enfants de prolétaires une cible de choix.
Je vois encore ma mère, ravie au plus haut point, et insistant pour que j’enfile la deuxième chaussure de la paire de tennis « Cup’s » qu’elle venait de m’acheter. Trop la classe.
Elles étaient pas particulièrement moches ces grôles, mais merde quoi, y’avait écrit « Cup’s » en énorme dessus.
2 Ne pas avoir la gaule pendant un slow.
A l’époque, le slow incontournable dans les boums à la con, c’était le truc des scorpions.
Je me demande aujourd’hui encore, comment les femmes interprètent les érections de leur cavalier au cours de ces danses langoureuses, où il faut bien l’admettre, on se fait chier. Et moi, quand je me fais chier, je bande; et j’imagine qu’il en va de même pour tous les hommes. (Je sonderai un échantillon représentatif à l’occasion).
Juste pour illustrer le fait que mon érection n’a rien à voir avec le désir, sachez que lorsque j’étais étudiant, et que je prenais le métro pour me rendre à la fac, j’avais une érection systématique entre Barbès et Chateau-Rouge. Matin et soir.
Allez expliquer ça à une pouf d’ado qui fait sa mijotée parce qu’elle se sent violée pendant le refrain. C’est mécanique. Ca n’a rien à voir avec toi: j’érecte pour un rien.
3 Se faire respecter
Attendez que je me souvienne…A 14 ans, je faisais 1m45 pour 40 kilos.
4 Etre un boutte en train
C’est mon métier. J’étais à mourir de rire. Toujours à faire le zouave pendant les cours de maths de monsieur Boule (ça ne s’invente pas).
A balancer des tampax coloriés en rouge sous la chaise d’Adeline.
A mettre une capote dans la copie double d’Adeline avant de la remettreà Monsieur Boule.
« Hé Monsieur Boule ? Y’a des tampax sous la chaise d’Adeline ! »
A téléphoner aux parents d’Adeline à minuit en se faisant passer pour Monsieur Boule.
C’est pas pour dire, mais elle s’est bien marrée avec moi Adeline.
5 Avoir une grosse bite
Même si ça ne sert pas à grand chose, c’est toujours un plus comme on dit.
6 Posséder une mobylette
Le fait de conduire une mobylette rend caduques toutes les conditions préalablement citées.
La mobylette c’est la classe. Prendre soin néanmoins de virer les pédales (t’as trop l’air d’un con avec des pédales) et de percer le pot (t’as trop l’air d’un con avec un pot percé).
Ainsi, grâce à ma mobylette, j’ai baisé Adeline, mes chaussures cup’s aux pieds, une bite de 14 cm au garrot , 1m45 pour 40 kgs et « i still loving you » en fond sonore.
Vive la mécanique.
Un jour ma mère m’a dit, Antoine, va te faire couper les cheveux.
Je lui ai dit : « maman, tu t’es encore plantée, moi c’est didier. »
Ma mère confond systématiquement le prénom de mon frère, Antoine, avec le mien.
En fait l’évocation prématurée de ma mère n’est pas anodine. Comme tout le monde, je lui dois beaucoup, d’argent surtout.
En ce qui concerne mon père, la seule chose à savoir, c’est que c’est un gros connard sur un bateau. A 28 ans, le mythe constitué par mon père s’est effondré. Mon père est comme tous les autres pères, sauf que lui, c’est sur un bateau.
Il me reste à vous présenter ma soeur, mais son être est d’une complexité telle qu’il me faudrait sans doute plusieurs dizaines de tomes pour que vous puissiez commencer à vous en faire une idée. Je déconne, bien évidemment, ma soeur, que j’ai affublé du charmant sobriquet d’ »ALP »* est comme toutes les soeurs, plutot cruche.
Ayant porté ces éléments à votre connaissance, il vous est désormais facile d’en déduire que mon enfance a été un véritable calvaire. J’ai été très tôt confronté à la maladie. A 5 ans j’ai eu les oreillons. A 6 ans la varicelle. A 7 ans l’appendicite. A 8 ans la mixomatose. A 14 ans l’adolescence.
Il serait bien évidemment trop confortable de m’attirer votre compassion en me contentant d’énumerer les souffrances physiques qui ont jalonées mon enfance.
Sachez donc que mes parents, dont je reste convaincu qu’ils étaient faits l’un pour l’autre, n’en leur déplaise, ont profité d’une de mes hospitalisations pour se séparer de leurs corps et de leurs biens. Qu’elle ne fut pas ma tristesse en l’apprenant : deux fois plus de cadeaux à noël, deux fois plus d’amour, deux fois plus d’argent de poche. Ma soeur et moi étions au nord du gouffre. Une année passa. Une année pendant laquelle ma mère me confia son entière responsabilité. C’est vraiment la classe d’être un homme à 6 ans. Se rendre compte qu’elle ne pleure pas de joie quand elle vous serre dans ses bras, mais lui laissez croire que vous êtes dupe, c’est ennivrant, même jeune. Ah ca, on peut dire que je l’ai aimé ma mère, et je sais vraiment pas jusqu’ou ce serait allé entre nous si on ne lui avait pas mis le grappin dessus.
Pendant ce temps-la, mon père remplissait allègrement son devoir post-conjugal. Niquant à droite à gauche, il a marqué ma personnalité à tout jamais. Non que je sois systématiquement en train de remplir les couches des femmes, mais presque. Il est selon moi plus révoltant de savoir une femme seule dans son lit qu’un enfant mourir de faim au biafra ( enfin sauf Valérie, Catherine et aussi Céline qui a bien pris du cul cette année).
J’ai bien conscience en énoncant cela d’en froisser certains, mais afin de vous rassurer, sachez que dans ma hierchisation du révoltant, l’enfant qui meurt au biafra vient en huitième position.(ouf !)
Mais je ne jette pas la père à mon pierre pour autant. Jean-louis ( et non pas pierre) a été pour nous un fabuleux géniteur.
Une anecdote me revient toujours spontanément en évoquant son souvenir (il va bientot mourir dans 20 ans ) :
Nous habitions à melun, dans un appartement très moche. Mon père, qui est un esthète de haut niveau, s’etait mis en tête d’embellir les murs, et notre quotidien, avec du crépi.
Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler du crépi, il vous faut savoir ceci :
- le crépi n’existe pas à l’état naturel
- le crépi, c’est moche et ca pique
- le crépi est un loup pour l’homme
Malheureusement pour nous, une fois les murs (et notre quotiden) recouverts, il en restait dans le pot. Qu’a cela ne tienne, la lunette des toilettes consituait sans doute pour lui une surface idoine pour couronner son oeuvre. Ce fut une période très douloureuse pour mes fesses, qui en connurent d’autres par la suite.